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Réactions aux présentations du colloque "Vers un équilibre Faune-Flore"

Nous publions une première réaction aux diverses présentations du colloque.

N'hésitez pas à nous faire part de vos remarques.

Analyse du Colloque du 13 octobre 2014

 

  1. Exposé Du Professeur Farcy : Il s’agit d’un historique depuis le Moyen-Age à nos jours. La situation actuelle n’est pas mal décrite ainsi que le besoin de dialogue. Il y a des visions différentes entre les divers acteurs car les buts sont différents. Production à outrance ? Refus de la chasse car on tue, perception sociologique négative (les nantis, sans doute renforcée par le comportement d’une partie du Gotha cynégétique) ? Aspirations de certains chasseurs à vouloir toujours tirer plus et plus grand trophée ? Une seule critique : l’affirmation péremptoire d’un excès de Grand Gibier comme s’il s’agissait d’un phénomène ubiquitaire ! Il y a des zones où le grand gibier est largement excédentaire, mais il y a des zones pour lesquelles un développement des populations est parfaitement envisageable ! Et deux  vérités : la diminution drastique du petit gibier et la volonté sans cesse démontrée du DNF de mettre l’entièreté de la forêt sous sa coupe! Conclusion, une présentation pas mal mais on a parfois un léger ressenti d’une certaine « guidance » au niveau du Grand Gibier !!
  2. Dr Vet Licoppe :
  1. Un schéma qui pose la question de la densité optimale. Schéma classique emprunté à un autre auteur. On aiguille déjà le maximum admissible vers l’optimum, sans préciser sur base de quels paramètres ce dernier sera déterminé ? Ceux de celui qui ne jure que par une sylviculture jamais assez productive? La balance devrait être les limites inférieure et supérieure à ne pas franchir par le forestier sensé et le chasseur raisonnable. Le bon sens voudrait que, comme il s’agit de population d’êtres vivants, la densité raisonnable soit une donnée intégrée sur plusieurs cycles vu les variations dues au climat, à la disponibilité de nourriture, aux variations saisonnières voire plus durables du biotope, ainsi que certains facteurs tels la tranquillité. Ce ne sont pas des données mathématiques à traiter en tant que telles par des ingénieurs plus ou moins ferrés en mathématiques !
  2. Le cerf est décrit comme un mammifère à long rayon d’action. Ceci ne semble pas toujours être le cas ! On a publié les relevés GPS de cervidés dans l’Herto et dans le Massif de St Hubert !!  Le cervidé se déplace surtout au gré des disponibilités en nourriture et en fonction du dérangement. A qui servent donc ces « études » ? A se confectionner un palmarès de publications ? Ensuite on le déclare inféodé aux « Grands Massifs Forestiers »  de l’Ardenne et de la Famenne ! Tiens, bizarre ? Le cervidé est à l’origine un animal de plaine et de steppes qui a été refoulé vers la forêt par la pression agricole et le développement des techniques de chasse ! Cfr l’exposé du Dr Roucher ! En Région Wallonne il avait effectivement survécu dans quelques grands massifs forestiers et au départ de ces noyaux résiduels une population s’est peu à peu reconstituée reconquérant des espaces naturels dont elle avait disparu! Mais sans doute, veut on ménager quelque peu  l’establishment cynégétique (Chasses de la Couronne, Grands Propriétaires Forestiers Chasseurs, grands capitaines d’industrie etc, ce que l’on pourrait gentiment qualifier de Gotha cynégétique). Le Cervidé a sans doute sa place chez eux mais laisserait-on déjà poindre le bout de l’oreille ; PAS AILLEURS ?? Et cerise sur le gâteau, la dynamique est prévisible ! Ce même  scientifique déclarait il y a peu que les comptages ne valaient rien, que les plans de tir étaient mal torchés, qu’il fallait une nouvelle méthode qui elle, démontrerait qu’il y avait bien plus de cervidés qu’estimés, (les non-vus vus seulement par les Directeurs de Centre chargés d’imposer les plans de tir??) 
  3. La tonte du cervidé ! On montre des dia, mais quelle est la densité sur ces territoires « témoins », sans doute bien choisis ? On voit une belle clôture sans doute sur une chasse prestigieuse avec des densités élevées et des trophées record ? Etonnant d’avoir de gros trophées, il n’y a rien à bouffer ! Le cervidé en est réduit à grappiller la moindre repousse ! On parle de perte économique jusqu’à 30 %. De nouveau avec quelle densité et dans quel milieu ! On parle de climat, de dérangement, mais de nouveau rien à bouffer ! Une densité faible avec une capacité nourricière nulle entraînera des dégâts !
  4. Accroissement de la population : Rien de significatif. C’est aussi le cas chez l’être humain, une faible nutrition diminue le taux de reproduction et augmente le taux de mortalité des jeunes (d’où sans doute l’interdiction du nourrissage). Heureusement que certains ne se préoccupent pas de la surpopulation mondiale!
  5. Evolutions du cerf : Il faudrait d’abord  ne pas parler en chiffres bruts !! On laisse entendre que la densité de cervidés a été multipliée par quatre ! Il faut corréler les chiffres avec l’évolution des densités et à la variation de l’aire d’expansion du cervidé ! Sinon cela ne veut rien dire ! Il faut aussi oser remarquer que les prélèvements augmentent dès lors que le DNF a imposé des maxima ! Preuve s’il en est, que l’espèce faisait l’objet d’une pression de chasse pas trop raisonnable! C’est le DNF qui a imposé ces maxima! Un peu simple de ne pas savoir précisément ce que l’on fait et puis de faire porter la faute sur autrui ! En 2000, il y a sans doute plusieurs facteurs indépendants du chasseur qui peuvent expliquer l’accroissement. Les tempêtes conjuguées à une certaine indolence du DNF ayant entraîné d’un retard certain dans le traitement des chablis. Ceci a limité la pression de chasse et a offert des oasis de tranquillité au cervidé mais surtout au sanglier. Certaines évolutions agricoles ont aussi pris place telle que l’apparition du Colza et du Maïs pour ensilement dans des zones qui, jusqu’alors, n’avaient que peu ou pas connu ces cultures appétantes et pour le colza offrant une ressource alimentaire en période hivernale ! De plus l’augmentation imposée des prélèvements, parfois comprise par le chasseur lambda comme l’expression d’une rage cervicide d’universitaires peu au contact de la ruralité, combinée avec la recherche de gros tableaux et de grands trophées par certains « grands Chasseurs » ont eu un effet délétère sur les relations entre les divers acteurs. Les « grandes Chasses » ont très souvent protégé à outrance leurs biches et bichettes et certains Conseils Cynégétiques bien corsetés par des « Grands Chasseurs » ont parfois reporté l’effort de tir sur certains lots périphériques. On a aussi vu certaines zones forestières au milieu des massifs offrir moins de nourriture suite à la politique sylvicole menée e.a. par le DNF ! On néglige de dire que le volume de production de la Forêt Wallonne est passé de 1.5 M³ au début du siècle dernier à plus de 7 M³ aujourd’hui ! Si l’agriculture moderne a défiguré la plaine, la sylviculture intensive a transformé au cours du siècle dernier la forêt wallonne et lui a ôté une bonne part de sa capacité nourricière, avec pour conséquence une augmentation proportionnelle des dégâts au domaine forestier mais aussi agricole. L’augmentation des dégâts  est tout autant expliquée par la politique sylvicole que par l’accroissement des populations de grand gibier! Il faut se demander pourquoi en Allemagne l’augmentation des prélèvements est d’un simple facteur 2 ? Or j’ai chassé en Allemagne fin des années 1970, le cervidé était bien présent alors qu’en Région Wallonne il était rare sauf en quelques endroits comme les Chasses de la Couronne! Sans doute la tradition germanique qui privilégie la chasse à l’affût dans une optique de régulation? Mais il est évident que si une population est très faible, l’accroissement à un niveau raisonnable mettra en évidence une augmentation des prélèvements bien plus importante ! Un peu de liberté avec la rigueur scientifique pour tenter de conforter l’affirmation péremptoire d’une surdensité généralisée en région Wallonne ?? En Région Wallonne une certaine classe cynégétique recherche le tableau et le trophée. On a donc privilégié l’élevage en plein air du sanglier pour assurer le tableau et limiter les prélèvements en cervidés, car pour tirer quelques grands vieux cerfs par an, il faut avoir une densité qui alimente la pyramide ! Il faut aussi oser critiquer un possible défaut de rigueur scientifique quand on assemble sur le même tableau des ordres de grandeur de 330 individus et de plus de 7000 ! Quant au  monitoring on affirme de manière péremptoire que les estimations du DNF sous- estiment les effectifs réels ! C’est en quelque sorte le dogme de la FOI. Quand le Conseil d’Etat demande des données objectives, des paramètres concrets on ne sait pas lui répondre ! Je serais tenté de dire que sur base de pareille affirmation on étale au grand jour un manque de rigueur de plusieurs années et donc l’ensemble de la présentation devrait être lue à la lumière de cette révélation ? Mais on a besoin d’une nouvelle méthode, aurait-on déjà fixé les résultats auxquels celle-ci doit aboutir ?? Ceci constituerait une entorse à la rigueur scientifique !!  La nouvelle méthode livrera ses résultats qui devront être interprétés, espérons-le, de manière rigoureuse sans aucun à-priori. On pourra ensuite sans doute avoir une estimation plus ou moins fiable des densités, le tout étant de savoir à quelle échelle elle sera faite!  On donne un aperçu des densités estimées, or elles sont sujettes à caution. Bon, soyons rigoureux ! On estime sur base d’une méthode qui n’a pas été implémentée partout  et ce, avec un recul de moins de deux ans et pour laquelle on vient de dire quelle ne permet que de déterminer des tendances à la hausse ou à la baisse et on en est à demander des méthodes contradictoires ? C’est-à-dire qu’il faut que le chasseur mette son véhicule à disposition pour les comptages, les véhicules du DNF étant « indisponibles » comme cette année pour le CC des Arches en Condroz !!! Il faudrait d’ailleurs prendre la médiane et non pas la moyenne.  Si les estimations étaient correctes (le doute est permis), l’effort de régulation devrait porter sur plus de la moitié des secteurs à commencer par ceux qui démontrent, malgré des chiffres sujet à caution, une densité excessive ! Ce sont vraisemblablement des territoires majoritairement gérés par l’establishment cynégétique, bien souvent avec l’indifférence voire la bienveillance du DNF ! On considère 38 secteurs de CC et on extrapole à l’ensemble, a-t-on compilé tous les secteurs de tous les CC au Sud su Sillon ? On extrapole à l’ensemble de la RW ? On veut parler de moyenne car on la fera descendre en tapant prioritairement sur les secteurs qui sont déjà sous la médiane, les territoires des sans dents ?? Et c’est déjà le cas depuis quelque temps ! Quelles mesures a-t-on pris à l’encontre des territoires déviants ? Bon je sais, le Conseil d’Etat a posé les questions qui tuent ! On reconnaît que les prélèvements ont augmenté, sans doute cela explique-t-il que les réalisations soient inférieures au minima imposés ces dernières années ! Ne tire-t-on pas trop ? Non, on a quelque peu la perception que l’on ne tirera jamais assez de cervidés.

 

  1. Quant aux dégâts forestiers, il est remarquable de constater que la grande partie concerne une espèce non-indigène, quasi invasive : l’épicéa. « En Belgique, l'Épicéa, en provenance des Carpathes, a été largement introduit vers 1850 dans le massif ardennais et au-delà (Hautes-Fagnes, Famenne, Condroz… ), afin, d'une part, d'accélérer le reboisement de la forêt ardennaise qui avait perdu plus d'un tiers de son peuplement de feuillus durant l'Occupation hollandaise (1815-1830). Ref : Wikipédia ». La  pessière est une zone sombre, acidifiée qui ne laisse quasi plus rien pousser comme nourriture. Même si  les premières années, elle offre herbacées et brout au cervidé, elle est la cible du brocard, le prochain ennemi public! La simultanéité obligée des exploitations de vastes étendues d’épicéas créent ensuite de vastes espaces où l’aiguille du résineux empêche toute végétation, ceci explique la prépondérance des dégâts dans les grands territoires soumis au Régime Forestier ou de grands propriétaires privés. Ce sont souvent ces mêmes territoires qui constituent la majeure partie des secteurs présentant une densité en cervidés estimée au-dessus de la médiane !
  2.  On va comparer une zone sans cervidé avec une zone où il y a du cervidé (enclos-exclos). Le résultat est connu, il y aura des dégâts de cervidés exclusivement là où celui-ci est présent ! Ce qu’il faut, c’est pouvoir définir un taux de dégâts raisonnable dans un environnement forestier non dénaturé par la sylviculture intensive visant à une forêt transformée en usine de production de bois et présentant une densité correcte en cervidés. On va rechercher zéro dégât ? Ce sera zéro cervidé ! On ne veut pas tirer l’enseignement de la disparition du petit gibier avec l’avènement de l’agriculture intensive ! L’idéal selon l’ingénieur forestier: une forêt avec des sapins alignés comme des poireaux, sans un seul ongulé ??
  3. La population baisse, mais on sent poindre la déception : pas assez ! On va déterminer la densité cible ? Sur quelle base ? La longueur du nom du titulaire du droit de chasse ? L’épaisseur de son portefeuille ou bien le montant de sa contribution volontaire à l’une ou l’autre ASBL ?? Cela ne changera rien, c’est déjà pas mal le cas, au niveau des attributions via le CA de certains CC souvent mis sous tutelle par une minorité ! Pour rappel, la densité cible a été définie par le pouvoir politique en fonction des capacités du biotope (seulement ?). L’Administration n’a pas à fixer les normes, c’est une prérogative du politique en démocratie. L’Administration est par contre en charge de veiller au respect de la norme ! Cfr l’analyse du Prof Farcy et l’extension sans cesse croissante de l’emprise du DNF qui veut tout diriger !
  4. Le sanglier est bien moins nettement détaillé, il faut dire qu’il irrite en priorité les agriculteurs, la majeure partie de l’exposé lui consacré, étant orienté sur cet aspect des dégâts agricoles. On s’est débarrassé du lapin, sus au Sus Scrofa ! On apprend d’abord que le sanglier peut se déplacer assez loin ! Il en est qui ne le savaient pas ? On montre une belle clôture sans doute d’un côté parc à gibier d’un grand territoire et de l’autre côté un territoire à densité correcte. Et puis comme dans Paris Match, avant le poids des mots, le choc des images ! Un jeune plant abîmé, cela arrive en effet ! Oui le sangler a colonisé les zones péri-urbaines ! Pourquoi ? Oui il est omnivore, mais au Sud du sillon Sambre et Meuse, l’avifaune nichant au sol a disparu depuis longtemps dans l’indifférence du DNF pour commencer ! La perdrix et le faisan ont payé un lourd tribut à l’agriculture et ce, bien avant l’explosion du sanglier ! Le Petit Tétras et la Gélinotte ont payé un bien plus lourd tribut aux pratiques forestières qu’au sanglier. Dans les années 1970 il n’y avait quasi pas de sanglier dans les Hautes Fagnes ! C’est l’enrésinement massif, le drainage et la fin du brûlage des vieilles bruyères qui ont précipité le déclin inexorable de cet oiseau qui a été mis sous protection ! Ce n’est donc pas le sanglier ni le chasseur mais bien le forestier qui est responsable ! L’enrésinement a détruit le biotope de la gélinotte. Quant au maïs, belle image qui eut été quasi impossible en Ardenne en 1980 !! Ici aussi  l’agriculture a joué un rôle de levier multiplicateur ! Mais on tape sans cesse sur le chasseur !
  5. Il faut remarquer que les prélèvements ont moins augmenté en RW. C’est assez remarquable de voir ici aussi l’influence de la tempête et du manque de réactivité du DNF. Les coupeurs étaient déjà en Allemagne et en France les jours suivants ! Donc il a fallu attendre ! Remises idéales qui empêchant la chasse ont eu un effet bénéfique sur la population de sangliers !
  6. Le monitoring est quasi impossible sauf à placer des caméras sur des points de nourrissage. Ceci permet au moins d’avoir une idée e.a, sur le taux d’accroissement ! Les dégâts ne permettent pas d’estimer une population, ils se déplacent en fonction par exemple des champs de maïs restant sur pied, des emplacements des colzas en été etc !

Mais on affirme que, contrairement au cervidé, l’accroissement des prélèvements reflète l’accroissement de la population ?? On ne sait pas, puis on affirme !

  • Les conclusions laissent songeur ! La chasse « hobby » ne peut plus contrôler cette évolution ? On va donc laisser libre cours à l’instinct sanglicide de certains ? On va engager des Pros ? Avec quel budget ? On va mettre une cotisation spéciale aux chasseurs pour rétribuer les fusillots  qui vont pouvoir aller chasser gratos ? Cela m’étonnerait que ce soit les cadres de l’Administration si cela doit se faire à l’affût et de nuit ! Il existe des solutions mais on n’en veut pas !! A commencer par la minorité cynégétique qui se doit d’offrir des tableaux plantureux ! Autoriser le tir de nuit en plaine depuis un mirador qui pourrait être placé à moins de 100 m de la limite. Cela limiterait fortement les dégâts. Autoriser un nourrissage dissuasif efficace  sévèrement contrôlé et dont les abus seraient sévèrement réprimés. Il faut aussi interdire les importations de sangliers sur certains territoires ! Ne pas dire que cela n’existe pas, c’est un secret de polichinelle! Il faut supprimer les clôtures qui n’ont d’autre raison que de cantonner le sanglier sur un territoire précis (suppression de la circulaire négociée avec le DNF et signée par le Ministre précédent) et aménager la Loi sur les Dégâts de Grand Gibier, en imposant au Chasseur de fournir le matériel de protection à l’agriculteur, à charge pour celui-ci d’entretenir la clôture. L’indemnisation pourrait être adaptée à cette condition et un système de mutualisation (bracelet sanglier payant avec variations selon la fluctuation des dégâts ??) pourrait être une solution, celui qui tire beaucoup paie beaucoup ! Pas sûr que les plus gros territoires soient d’accord. Malheureusement il suppose une organisation de la Chasse de type Fédération ce qui est inacceptable pour une partie de l’establishment cynégétique et ses représentants. Le DNF n’est pas partie prenante non plus car il est sans doute plus simple de pactiser avec cette « élite » et de recevoir en échange le blanc-seing pour taper chez les sans-dents ?  Quelles mesures a-t-on spécifiquement pris à l’encontre des territoires classés points noirs et de leurs titulaires ? Certains de ces titulaires occupent des mandats dans des Conseils divers qui pilotent directement ou indirectement la politique cynégétique ! Donc…..
  • Enfin je regrette vivement que l’on n’ait pas parlé de possible effet délétère des conditions du nourrissage dissuasif sur la mortalité des sangliers en forêt ! Voilà un sujet encore une fois soigneusement évité et qui mériterait une réponse scientifique étayée. Il aurait été affirmé par un Universitaire que la toxicité du mélange n’était pas prouvée ? Or il n’y aurait aucun cadavre qui ait été remis au service de l’ULg ?  J’ai posé la question au Ministre précédent, sans réponse ! Qui a proposé ce mélange ? Qui en aurait affirmé l’innocuité? Ou bien nos grands gestionnaires ont-ils oublié cet aspect ? Ou bien savait on et on a dissimulé? Je n’ai rien prétendu, en scientifique de base, j’ai simplement posé les questions du candide de service ! Cela gênerait il de répondre, preuves scientifiques  à l’appui ?

n.Et il est assez symptomatique qu’au lieu de se limiter à donner un état sur les populations et leur dynamique on ait autant mis l’accent sur les « dégâts » de tous genres commis par les ongulés ! J’aurais attendu un peu plus de rigueur de la part d’un scientifique et d’un vétérinaire et qu’il se limite à l’évolution des populations et des facteurs l’influençant et non pas de s’attarder à chaque fois que possible sur une mise en évidence de dégâts dont il est impossible de juger la réelle signification par manque d’informations pertinentes ! Une étude démographique d’une partie bien choisie de la population dans notre pays menée de cette manière vaudrait sans doute un beau procès à son auteur? Il est assez remarquable de constater ce patchwork d’aspect évolution des populations et dégâts forestiers pour en arriver à la conclusion d’une chasse professionnelle ! Il faut impérativement séparer gestion forestière et gestion cynégétique, la preuve de cette absolue nécessité en est ici donnée. Alors le dialogue et la compréhension mutuelle trouveront leur juste équilibre dans ce débat.

 

  1. Etienne Gérard : Peu de commentaires à faire sinon que l’on met en évidence une certaine responsabilité du milieu forestier quant aux dérives du passé. Chose amusante, on ne cesse d’entendre certains quant à la valeur des bois etc, or celle-ci diminue ! On explique que l’on va faire autrement et c’est pas mal, à terme il devrait y avoir plus de nourriture. Mais cela fait des années que j’entends parler de Pro Sylva mais je ne vois guère cette politique s’affirmer au grand jour ! Trop de gibier : oui, mais de nouveau à certains endroits ! Il est assez remarquable de constater le peu de discernement au niveau du DNF, la surdensité semble être générale ! ! Et une critique acérée : pas un mot sur les gagnages. C’est l’erreur qui dénote que le gibier n’a aucune importance, il doit être régulé (éradiqué ?). Là pourtant, le DNF a tous les moyens à sa disposition pour améliorer la capacité du biotope ! Il serait bon que le DNF assume d’abord ses missions complètement et correctement avant de vouloir se mêler du privé. Les évolutions budgétaires en RW l’y forceront sans doute, j’espère. Ceci démontre encore une fois le bien-fondé d’une séparation nette entre gestion sylvicole et gestion cynégétique.

 

 

 

 

 

  1. Dr Vet Yves Lecocq : Enfin un exposé clair et sans arrière-pensée. Voir les statistiques et commentaires entre chasseurs allemands et français, voici une approche de scientifique bien différente ! La forêt est plus qu’une usine à bois ! Mais pas non plus une usine à cerfs ! Les erreurs cynégétiques, celles de l’establishment cynégétique e.a, juste un petit oubli la trophéïte ! Les erreurs de gestion sylvicole… ! Tiens je rêve ! Un seul oubli, certaines erreurs de gestion agricole ! Une très bonne synthèse des critiques des « Vrais Chasseurs » et pour finir des conclusions claires raisonnées et raisonnables dont la quatrième résume tous les errements de la hiérarchie du DNF ! Chapeau Monsieur Lecocq c’est d’une toute autre facture !

 

 

  1. Jean-Louis Martin : Présentation volumineuse. Mais bien illustrée. Intéressant le cas du chevreuil en France ! Son expansion n’est pas le seul fait de la gestion «  plan de chasse » et tir à la carabine, il y a d’autres facteurs !  Informations très intéressantes dont l’adaptabilité du cerf en ce qui concerne sa nourriture ! Or chez nous pas besoin de manger des lichens ou des algues, l’agriculture fournit colza et maïs. Si l’on diminue la nourriture en forêt le cervidé ira en plaine ! La peur est un facteur limitant dans le processus alimentaire, mais ceci explique sans doute l’écorçage, le dérangement crée la peur. Les carnivores ne semblent pas avoir un effet à long terme sur la densité de cervidés, cette problématique est absente chez nous en RW. Bon il est intéressant de savoir que les grands herbivores peuvent avoir une influence sur la biodiversité mais les cas présentés sont des cas particuliers, choisis justement pour leurs particularités à savoir des conditions hors normes, les seules permettant de vérifier l’effet des densités parfois très excessives sur un environnement particulier et non urbanisé ! Le conférencier le dit très bien, un laboratoire grandeur nature ! Le laboratoire est un lieu d’étude qui permet d’appréhender les phénomènes. Les  connaissances ainsi acquises doivent ensuite être transposées en mesures de gestion, c’est tout l’art de passer de la recherche théorique à la recherche appliquée et à son application sur le terrain ! Ceci demande une dose de bon sens qui fait souvent défaut à nos « élites » forestières ! Le bon sens ne s’étudie pas ! Il faut retenir que les phénomènes sont réversibles. » Il faut diminuer les densités excessives » et il faut avoir une gestion forestière qui favorise la restauration de la ressource alimentaire ». Je n’ai jamais rien dit d’autre, mais certains présents à Namur se contenteront de la première partie en la modulant «pas chez les amis, mais bien chez les autres » !
  2. Francis Roucher : J’ai eu l’opportunité d’avoir des échanges avec ce Confrère. C’est un irréductible qui base sa théorie sur le poids des jeunes e.a. C’est aussi un grand partisan du tir ad libitum et je le suspecte d’avoir trouvé dans une seconde vocation « scientifique », un moyen peu coûteux de satisfaire son goût pour le tir !  Je lui avais fait part de cette éventualité. Je ne suis donc nullement surpris des densités qu’il exprime. Pour peu l’on pourrait penser à l’archétype du chasseur cervicide. Deux de ses articles avaient d’ailleurs été publiés dans Forêt Wallonne N° 130, ceci n’étant certainement pas le fait d’un hasard! Sa vision de poussée silencieuse est perverse car elle tend à imposer une chasse réservée à une élite mettant enfin un terme à l’horreur de la chasse populaire qui a vu le jour dans la foulée de 1789 ! Un certain stress du gibier est indéniable dans le cadre de la battue à cors et à cris, mais il est limité dans le temps ! Il est sans doute moindre que celui causé  de manière itérative tout au long de l’année par d’autres utilisateurs peu respectueux du calme de la forêt (promeneurs tous azimuts, cris d’enfants, chiens en liberté, cueilleurs de champignons dans les remises, motos vertes, jeux de nuit, VTT etc, etc ….). Il faut remarquer que lors des battues classiques malgré les cris des traqueurs, malgré les chiens, pas mal d’ongulés ne franchissent pas la ligne des fusils ! Mais il est vrai que le nombre de pièces tirées est moindre, est-ce cela qui dérange ? Ou bien le fait que la battue à cors et à cris soit la seule possibilité pour les sans-dents de pouvoir quelques jours par an espérer tirer un sanglier, voire un cerf coiffé ! Quelle horreur diront certains « puristes » !

 

 

  1. Une de mes conclusions sera qu’il faut impérativement scinder gestion forestière et gestion cynégétique et ne pas soumettre l’une à la férule de l’autre.  On ne dialogue pas sereinement et intelligemment quand l’un des deux protagonistes tiens un gros bâton en main. Le bon sens et la Démocratie veulent que l’on ne puisse être tout à la fois juge et partie ! Enfin, une Fédération démocratique des Chasseurs capable de mettre de l’ordre au sein du monde de la chasse serait un grand pas vers la mise sur pied d’une chasse respectueuse et respectable. Mais personne n’en veut à commencer par une minorité de chasseurs, sans parler des nombre d’autres acteurs !

 

  1. Finalement, j’aimerais assez en tant que citoyen contribuable savoir combien cette manifestation a coûté. Et cela en période d’impécuniosité, les véhicules DNF n’étaient déjà plus ou peu disponibles pour effectuer les comptages de printemps! On n’avait pas non plus les moyens de rétribuer les agents pour les heures supplémentaires prestées, ils ont dû récupérer ! Les difficultés de la RW sont telles que l’on parle de ne remplacer que deux départs sur cinq ! Ceci risque sans doute augmenter la fréquence du Burn Out chez les agents de terrain! Ce Colloque me semble être d’abord une action d’auto-justification destinée à valider la vision de la hiérarchie forestière.

 

 

 

Dr Vilet Alain

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